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« La fille de Don Quichotte » au festival off d’Avignon

Jun 11, 2026

Mon père, ce héros

Clémence est la plus jeune fille de Jean Rochefort. Elle a huit ans (et lui soixante-dix) lorsque démarre, durant l’été 2000, le tournage de « L’Homme qui tua Don Quichotte » de Terry Gilliam. On sait que le film ne vit jamais le jour, les catastrophes s’étant enchaînées au cours du tournage : avions de chasse passant au-dessus des acteurs, coulée de boue inondant le décor, ennuis de santé du comédien l’empêchant de monter à cheval [1].

Pourquoi Clémence n’a-t-elle aucun souvenir de cette période ? Souhaitant découvrir la raison de cette amnésie, elle entame une psychanalyse. Au fil des séances, la jeune femme retrace la jeunesse de son père (ses souvenirs de l’épuration, son arrivée à Paris, ses années de Conservatoire…), sa carrière – de « Cartouche » au « Crabe-Tambour » – et son rendez-vous manqué avec le chevalier de Triste-Figure, qu’il considérait comme « le rôle de sa vie ». La jeune femme aborde également la difficulté d’être à la fois fille d’un comédien connu et d’un homme âgé.

Seule en scène (la psychanalyste étant jouée en voix-off par Sabine Azéma), Clémence Rochefort dresse le portrait touchant d’un père à la fois fantasque et rongé par le doute. L’hommage est délicat, jamais impudique ou larmoyant. La mise en scène de Valentin Morel, très précise, s’appuie sur des images et des sons d’archives bienvenus. Un joli spectacle.

Y. A.

« La fille de Don Quichotte », Festival off Avignon, théâtre Au coin de la lune, du 4 au 25 juillet 2026 (durée : 1h10).

[1] Ce tournage catastrophe fut relaté dans le documentaire « Lost in La Mancha », de Keith Fulton et Louis Pepe (2002), conçu à l’origine pour être le making-of du film de Terry Gilliam.

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